Nous entrons dans un bel espace, plein de lumière, dans lequel se crée chaque saison de nouvelles collections intemporelles et féminines. Du linge pour être belle tous les jours, du matin au soir. Bienvenue dans l’univers de Marie-Ève Émond.

Comment a commencé Betina Lou?
Ça a commencé il y a 5 ans de manière très classique pour une entreprise, rien de très glamour (rire). Au début, c’est moi toute seule dans mon salon avec la machine à coudre de ma grand-mère et un mannequin. Finalement c’était pas très compliqué.

As-tu toujours voulu faire ça?
Oui c’était très clair dans mon esprit. Ça l’a été un peu moins pour mes parents, devenir designer de mode, ça n’apparaît pas toujours comme un vrai métier. Et c’est certain que ce n’est pas une voie facile. J’ai néanmoins étudié au Collège LaSalle en design avec une option commercialisation. Ce qui a été un très bon choix.

D’où vient le nom Betina Lou?
Oui. J’imaginais pas à quel point je me le ferais demander tout le temps (rire). Je ne voulais pas que ce soit mon nom mais je voulais un nom féminin. J’aimais que ça reste mystérieux, que l’on puisse imaginer différentes hypothèses sur l’identité de Betina Lou, est-ce que c’est la designer, une muse, etc… J’ai choisi Betina en référence à une mannequin que j’ai découvert durant mes cours d’art du costume, elle m’a beaucoup marquée car elle a travaillé avec les plus grands couturiers : Dior ou Givenchy. Ce qui me fascinait. Mais Betina Lou aujourd’hui c’est plus la muse imaginaire de notre marque, on se demande toujours dans nos réalisations si cela fait Betina Lou. Est-ce que ça lui correspond.

Comment décrirais-tu tes collections?
On essaye toujours de faire des collections idéales, que les filles se disent : on veut tout ! Que rien ne se répète, que l’on puisse retrouver des pièces pour différentes occasions : bureau, école, soirée… Ce sont des vêtements qui vous accompagnent dans votre quotidien, autant le mardi matin que le samedi soir. Il doivent pouvoir être portés souvent et pendant longtemps. D’où notre considération pour la qualité et la facilité d’entretien. Notre clientèle doit rester satisfaite sur le long terme.

D’où viennent tes inspirations?
Cela dépend. Mais par exemple pour la collection Automne, tout a commencé avec des images d’actrices, chanteuses des années 60 comme Françoise Hardy ou Jean Seberg avec leurs marinières noires et blanches. Ça a été mon premier morceau. Par la suite tout s’est construit pas à pas, selon les tissus, les envies. Je ne fais pas vraiment de collections thématiques. Il y a toujours un petit look britanniques conservateur, c’est notre signature.

Pourrais-tu me décrire le processus de création d’une collection?
Oh il y a beaucoup de travail et d’étapes. D’abord beaucoup de recherches, d’images d’inspirations. Merci Pinterest (rire). Cela prend environ plusieurs mois avant que je passe aux dessins de chaque modèle. Souvent je dessine dans un café, j’aime cette ambiance pour créer, c’est plus calme que mon atelier. On fait un plan de collections pour avoir un bon équilibre dans les morceaux : robe, top, jupe, pantalons… Quand on a 4 à 5 morceaux, on fait une première réunion pour tester les modèles. Ensuite ce sont des allers-retour permanents d’ajustements jusqu’à ce que l’on soit complètement satisfaites.

Combien de morceaux as-tu dans une collection?
Si on compte les différents coloris, environ 30 morceaux. C’est assez important. On doit faire des plannings de livraisons car nos fournisseurs ne peuvent plus tout réaliser en une seule fois. C’est de plus en plus de gestion.

D’où viennent les matériaux?
La majorité viennent du japon, les tricots de Montréal et aussi des tissus italiens. Je réalise tous les motifs à tricoter sur Illustrator, c’est assez nouveau pour nous et j’aime vraiment ça.

Y a t-il des matières Betina Lou?
Ma matière préférée c’est la laine, tissée ou tricotée. Il y a beaucoup de variantes dans l’épaisseur, ça ouvre beaucoup de possibilités. Sinon beaucoup de coton. Des matières classiques, naturelles et indémodables. Et de plus en plus du tencel, ça ressemble un peu de la soie, mais c’est beaucoup plus facile d’entretien.

Si Betina Lou était une femme?
Elle serait sage, curieuse, créative, féminine mais pas aguichante. Intéressée par le soucis du détail, l’éthique, la provenance des matériaux.

Tes lieux préférés pour manger à Montréal?
Pour bruncher, Le vieux vélo, c’est très bon et juste à côté. Sinon toujours pour bruncher, le Santa Barbara, le Café fixe.

Tes grands projets pour l’année à venir?
On va fêter nos 5 ans, donc on aimerait pour l’occasion aller chercher plus de points de ventes en dehors de Montréal. On a déjà une boutique au Japon, on espère que cela nous ouvrira des portes.

www.betinalou.com